Tous les ans, rien de nouveau sous le soleil hélas, je vous informe que les versements de dividendes battent un record.
Cette année encore, les entreprises du CAC 40 ont battu un nouveau record : plus de 107 milliards d’euros ont été distribués aux actionnaires en 2025, sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Un cap symbolique est franchi pour la 1ere fois : la barre des 100 milliards d’euros .Derrière ce chiffre, un constat : la priorité des grands groupes reste la rémunération du capital, au détriment d’un meilleur partage des richesses avec les travailleurs.
Les profits repartent massivement vers les actionnaires
- Dividendes stables : 72,8 Mds €.
- Rachats d’actions en explosion : +37 %, atteignant 34,8 Mds € (l’entreprise rachète ses actions sur le marché ce qui mécaniquement réduit le nombre d’actions sur le marché et donc augmente la valeur par action pour les actionnaires)
Le taux de distribution des profits (dividendes immédiats et réguliers+ appréciation du capital via le rachat d’action ) : 71 % en 2025. Autrement dit, près des 3/4 des profits ne sont pas réinvestis ni redistribués aux salariés, mais directement orientés vers les actionnaires.
Une concentration extrême : 5 entreprises à elles seules représentent 47 % des sommes redistribuées
- TotalEnergies
- AXA
- Sanofi
- LVMH
- BNP Paribas
La moitié des entreprises du CAC 40, pourtant prospères, ne versent que 15,3 Mds € ce qui révéle des choix différents.
Les dividendes ne disent pas tout : d’autres mécanismes siphonnent la richesse
Les groupes disposent d’autres leviers pour remonter du cash vers les maisons-mères :
- prix de transfert
- frais de marque et facturations internes
- management fees
- optimisation fiscale via les filiales
Ces mécanismes réduisent artificiellement les résultats des filiales… et donc les marges affichées aux salariés lors des négociations.
Un outil essentiel : l’expertise économique et financière du CSE
En cas de doute sur la situation économique affichée par la direction, le CSE peut demander une expertise financée à 100 % par l’employeur. Dans le but d’objectiver le partage de la valeur, d’étayer les revendications salariales et de renégocier la participation ou l’intéressement, l’expert-comptable mandaté par le CSE peut :
- analyser la comptabilité sociale et la comptabilité de gestion,
- examiner les filiales, les flux intragroupe, les comptes consolidés,
- reconstituer la réalité des marges et profits.
Les chiffres records du CAC 40 montrent que l’argent existe bel et bien et qu’ il remonte massivement vers les actionnaires plutôt que d’être partagé avec celles et ceux qui créent la richesse ( salaires, formations, investissements productifs). Face à cela, les salariés disposent d’un levier essentiel : exiger la transparence financière via l’expertise CSE afin de négocier un partage plus juste de la valeur.
Source JDS

