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4 posts categorized "politique générale"

Zéro déficit : les solutions miracles du Medef ?

 Le Medef a présenté, le 14 février, ses « 23 axes pour une compétitivité équitable ». A la clef : un nouvel allongement de l’âge de départ à la retraite, le non remplacement des fonctionnaires renforcé… L’objectif : mener la France à « un désendettement compétitif » dés 2015…

Allongement de l’âge de départ à la retraite, renforcement du non-remplacement d’un fonctionnaire ou encore la hausse de la CSG et de la TVA…

Véritable marronnier, l’âge du départ à la retraite est encore remis en question par le Medef qui souhaite un nouvel relèvement  « à échéance 2030 » mais sans toutefois préciser d’âge fixe.

Autre argument traditionnel : le poids de la fonction publique. Laurence Parisot propose d'accélérer la règle mise en œuvre depuis 2007 du non remplacement d'un départ à la retraite sur deux, pour passer à 2 fonctionnaires sur 3. Quant à la fonction publique territoriale, elle devrait, à son tour, appliquer  la règle du " 1 sur 2".

Enfin le Medef souhaite l’adoption de son « pacte fiscal et social » prévoyant notamment une hausse de la CSG et de la TVA !

Toutes ces mesures devraient, selon Laurence Parisot, permettre un retour à l’équilibre des finances dès 2015 ! Mais à quel prix…

Un système social mis à mal…

Sur le terrain social, le Medef s’est attaqué à la durée du travail, estimant que la "fixation de la durée effective du travail et son organisation", devraient "relever exclusivement de l'accord collectif ou, à défaut, du contrat de travail». En d’autres termes, adieu les 35h et bonjour le « cas par cas » négocié par branche voire au sein d’une entreprise !

Notre chère sécu est également mise à mal. Laurence Parisot s’en est pris au reste à charge (la part à payer par le patient après le remboursement de la sécu ndlr) estimant qu’il était « trop faible ». Rappelons que de plus en plus de Français renoncent à certains soins à cause précisément d’un reste à charge trop important. Ce qui pose la question du maintien de la qualité des soins en France !
Par ailleurs Laurence Parisot a rappelé qu’il existait « près de 40 régimes de retraites » et a donc proposé de les « faire converger voire unifier ».

Le mouvement patronal s’est enfin exprimé  pour un retour à "un dispositif de dégressivité non linéaire des allocations chômage"

Comme en 2007, le Medef fait campagne pour le (désormais) candidat Nicolas Sarkozy. Ce dernier s’était d’ailleurs largement inspiré des propositions de l’organisation patronale lors de 1ere campagne électorale. Gageons que ces liens ne devraient pas se défaire en 2012 !

Le programme « Besoin d’aire » est consultable ici

La TVA sociale

Un ensemble de mesures visant à stimuler l’économie avant les élections et contre lesquelles s’insurgent tous les syndicats serait annoncé par l’Elysée d’ici la fin du mois. Parmi elles, la TVA sociale.

Le projet de TVA sociale annoncé par Nicolas Sarkozy lors des vœux présidentiels et contre lequel l’ensemble des syndicats s’est élevé au cours du sommet social le 18 janvier dernier sera-t-il soumis au vote avant les élections ? Réponse la semaine prochaine. Mais quel est son objectif et pourquoi tant de précipitation ?

La TVA sociale, qu’est-ce que c’est ?
Contrairement à ce que son nom indique, cette nouvelle taxe n’a rien de social. Il s’agit là simplement d’un transfert de charges des employeurs vers les consommateurs avec un double objectif : alléger le coût du travail  pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises sur les marchés étrangers et faire financer la protection sociale par les consommateurs.

Qui vise-t-elle ?
Cette diminution des charges patronales de 5,4 points s’effectuerait sur les salaires compris entre 1,6 et 2 fois le SMIC, dans les secteurs exposés à la concurrence internationale, épargnant les services et les commerces mieux protégés. Il n’y aura aucune répercussion sur les feuilles de paye, les charges salariales restant inchangées. Les consommateurs payeront donc la facture de cet allègement de charge des entreprises par le biais d’une augmentation du prix des biens et des services soumis à une TVA de 19,6%. Seront épargnés les produits à TVA réduite, dont le taux a déjà été relevé depuis le 1er janvier 12 de 5,5% à 7% – hormis pour les produits de première nécessité (alimentation et énergie). Relevé de 2 points comme le préconisent certains membres de la majorité (soit 21,6%), ce nouveau taux de TVA permettrait à l’Etat d’encaisser 14 milliards d’euros supplémentaire par an.

Une mesure pour relancer l’économie ?
Cette mesure qui devrait être confirmée d’ici la fin du mois entre dans le cadre d’une loi rectificative des finances dont le vote est prévu en février/mars et ne serait applicable que plusieurs mois après. Les consommateurs seront ainsi tentés de s’équiper d’avantage pour échapper à cette augmentation des prix, relevant ainsi les chiffres de la consommation… à la veille des élections.

Augmentation du SMIC horaire au 1er janvier 12

Le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) correspond au salaire minimum en dessous duquel aucun salarié ne peut être payé. Il est traditionnellement revalorisé une fois par an, au 1er janvier, sauf disposition exceptionnelle du gouvernement. Portée à 9,19 euros bruts/heure au 1er décembre 2011, soit 1393,82 euros mensuels sur la base légale de 35 heures par semaine, du fait d’une hausse de l’inflation de 2%, la valeur du SMIC a été augmentée de 0,03 euros à compter du 1er janvier. Soit une augmentation annuelle de 2,4%. Ce salaire minimum concerne un salarié sur dix.

Les vœux 2012

La présentation des vœux politiques aux citoyens en début d’année est une tradition dont le calendrier s’étale tout au long du mois de janvier. En cette année d’élections présidentielles, ils prennent une importance toute particulière, chacun avançant des idées phares qui seront développées et débattues tout au long des mois à venir. Si tous mettent en avant l’urgence à sortir de la crise et à trouver des solutions en vue de relever l’économie, les mesures proposées diffèrent bien sûr d’un bord politique à l’autre.

Nicolas Sarkozy place l’emploi au cœur de ses préoccupations. S’il accuse les 35 heures et la retraite à 60 ans d’être des ralentisseurs de la croissance, il refuse de remettre en cause les exonérations de charges sociales et fiscales des heures sup réclamées par les syndicats et insiste sur la nécessité de modifier le financement de la protection sociale. Un rendez-vous syndicats/patronat prévu le 18 janvier prochain.

De son côté, François Hollande prône de s’attaquer à la crise en revenant à plus de justice sociale. Il promet le changement pour l’année à venir, dont la première concrétisation sera la fin d’un quinquennat « inconséquent, incohérent, injuste” qui a “divisé, heurté, abîmé".

 

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